Le ministre français de l’UE : L’accord commercial rapide du Royaume-Uni dépend des Britanniques

L'UE "ne peut pas exposer ses propres citoyens, consommateurs et agriculteurs à une concurrence déloyale", avertit Amélie de Montchalin.

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Amelie de Montchalin, Secretary of State for European Affairs, visits the SIVEP Veterinary and Phytosanitary Inspection Service in Boulogne-sur-Mer, northwestern France on April 12, 2019, as part of preparations for Brexit. (Photo by Philippe HUGUEN / AFP) (Photo credit should read PHILIPPE HUGUEN/AFP via Getty Images)

Un accord commercial rapide entre l’UE et le Royaume-Uni est possible, mais cela dépend uniquement des Britanniques, selon Amélie de Montchalin, secrétaire d’État française aux affaires européennes.

“Plus les exigences du Royaume-Uni sont raisonnables, plus nous pouvons nous mettre d’accord de manière raisonnable” dans le délai de onze mois fixé par le Premier ministre britannique Boris Johnson, a déclaré Mme de Montchalin dans une interview au Brussels Playbook de la POLITICO. “Cela dépendra maintenant de la façon dont le Royaume-Uni présentera sa stratégie et ses objectifs de négociation.”

De Montchalin a déclaré que “plus les Britanniques cherchent à diverger de l’UE, plus les discussions seront longues et moins l’accès du Royaume-Uni au marché de l’UE sera sans friction”.

Elle a également mis en garde contre des délais trop contraignants pour parvenir à un accord.

“Nous ne sommes pas prêts à sacrifier le contenu, la qualité et le sérieux d’un accord simplement parce que nous nous sommes mis dans une camisole de force avec un calendrier trop serré”, a-t-elle déclaré. “En signant un accord, nous entamerons un long voyage. Si nous avons besoin de six mois supplémentaires, cela vaut la peine de les prendre”.

Le Premier ministre britannique a déclaré en début de semaine qu’il est “épiquement probable” que la Grande-Bretagne conclura un accord commercial global avec l’UE d’ici son échéance de la fin de l’année, mais il a admis : “Il faut toujours prévoir un budget pour un échec total du bon sens”.

Le quiproquo sera la clé de la conclusion d’un accord, a indiqué M. de Montchalin.

“Pour moi, ce qui compte, c’est la capacité à rassurer nos entreprises et nos citoyens sur le fait qu’il y aura réciprocité”, a-t-elle déclaré, citant l’environnement comme un exemple. “Nous venons de nous mettre d’accord en Europe sur la neutralité carbone d’ici 2050. Nous nous mettons sous contrainte, volontairement”, a-t-elle déclaré. Si le Royaume-Uni s’engage à faire de même, “c’est un excellent moyen de créer une réciprocité”, a-t-elle déclaré. L’année dernière, la Grande-Bretagne a adopté des lois qui l’engagent à atteindre un objectif contraignant d’émissions nettes zéro d’ici 2050.

De Montchalin a déclaré que les règles agricoles, l’utilisation des pesticides, les normes environnementales, la pêche, la sécurité des produits et les questions fiscales et sociales figuraient sur la liste des souhaits de réciprocité de la France.

Mais si la Grande-Bretagne ne joue pas le jeu ? “S’ils ne le font pas, nous devons être très sérieux. Nous ne pouvons pas exposer notre propre population, nos consommateurs et nos agriculteurs à une concurrence déloyale”.

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