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Ti Hanok. Vanessa libère les rêves aborigènes

vendredi 13 janvier 2017, par Ingalañ Auray

Dans deux semaines, Ti Hanok et Ingalañ Bro Alré nous embarqueront vers l’Australie pour découvrir la lutte des peuples aborigènes autour de leurs terres sacrées. Un voyage en compagnie d’une jeune réalisatrice, Vanessa Escalante, qui présentera son documentaire « Sovereignty dreaming, La Révolte des rêves ».

Il y a peu, Vanessa Escalante a décidé de poser ses valises à Auray. Quitter Paris, découvrir autre chose. La jeune femme originaire des Bouches-du-Rhône a choisi Auray. « Parce que j’y étais déjà passée et que la Bretagne me plaisait ». L’envie de souffler (un peu), de se ressourcer. Et de refaire bientôt ses valises pour traquer son prochain documentaire... Avant cela, elle veut présenter son film « La révolte des rêves » au public alréen. Il y a quelques mois, elle avait la tête en bas...

Changement de monde

Le continent australien, la jeune réalisatrice ne le découvre pas. Avec l’écriture de son premier documentaire, « Les derniers traqueurs », Vannessa fait la connaissance en 2007 des peuples aborigènes d’Australie et découvre leur étonnante mythologie... Elle est contaminée. « J’ai découvert ces traqueurs, des aborigènes qui pouvaient retrouver des gens dans la brousse, les pister sur un territoire immense... », dit-elle, fascinée par ce monde qu’elle découvre. La curiosité et l’envie de lever une partie du voile des rêves la poussent à racheter un billet d’avion pour l’Australie. Il y a plus à apprendre. Un peu de crowdfunding pour se lancer, ce qu’elle a pu mettre de côté... Et Vanessa repart donc en 2011 avec sa caméra, pour sa première réalisation. Sur place, elle reprend contact avec les aborigènes rencontrés lors de son premier voyage. Une ONG l’accompagne également. Vanessa a une idée, un sujet qu’elle veut explorer : le combat des peuples contre l’enfouissement de déchets nucléaires à Muckaty, une terre sacrée. « Pour la première fois de leur vie, des clans aborigènes d’Australie se battaient contre l’enfouissement de déchets nucléaires sur une terre sacrée ». Mais rien n’est simple. « J’étais partie avec une amie métisse (ce qui a son importance dans le tournage), mais je n’obtenais rien ». Les rendez-vous pris ? Vanessa apprend la traduction de « poser un lapin » en aborigène. Les questions et les demandes, quand elle rencontre finalement quelques témoins ? Des silences. Des débuts de discussion qui ne l’amènent pas dans la bonne direction... « J’ai beaucoup appris. Cela m’a transformée.
Il fallait que je change tout, ma vision, ma relation à l’autre. Avec les Aborigènes, on n’obtient pas ce qu’on a décidé qu’on voulait obtenir ». À force de patience et grâce à son amie, les murs se fissurent. « Il y avait des codes, des petits cadeaux à faire aux anciens... ».

Chanter son rêve pour regagner sa terre

La réalisatrice se plonge enfin au coeur de son sujet. Elle y découvre le cynisme des politiques qui tentent de s’accaparer les terres, la corruption qui gangrène... « Certains conseils subissaient des pressions pour vendre les terres. Un clan a signé pour 12 M de dollars. Il ne pouvait pas faire autrement. Un autre l’aurait fait, de toute façon... Et pourtant, ils rejettent l’argent, ils ne savaient qu’en faire ». Les quatre autres clans ne baissent pas les bras. Un procès est lancé. Avec des arguments étonnants : « La terre sacrée des peuples est traversée par des rêves. Chaque clan a son rêve, qui croise les autres. Pour prouver que cette terre leur appartenait bien, les clans devaient chanter leur rêve devant la Cour ». Problème : « Si un Aborigène chante son rêve dans un autre endroit que sur sa terre, il meurt ». L’inattendu s’est finalement produit : la Cour de Melbourne et son juge fédéral, se sont déplacés sur les terres sacrées pour entendre le chant des rêves. Le procès opposant les gardiens de la terre et le Commonwealth d’Australie s’est déroulé en juin 2014 dans la brousse. L’issue ? Les clans ont récupéré leurs terres. Mais pas de happy end. « Le projet a été déplacé dans le sud et le combat a repris avec d’autres clans ». Si le cynisme de ce monde prévaut finalement et que l’histoire se poursuit, celle de la « Révolte des rêves » de Vanessa Escalante se regarde et s’écoute à Ti Hanok, à l’invitation de l’association Ingalañ Bro Alré, le samedi 4 février prochain, en présence de la réalisatrice, sur ses nouvelles terres alréennes.

Pratique
Le documentaire « Sovereignty Dreaming, la révolte des rêves » coproduit avec l’association Initiatives Dionysiennes sera projeté au cinéma Ti Hanok le 4 février, en partenariat avec l’Association Ingalan Bro an Alre.


Voir en ligne : Télégramme 13 janvier 2017

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