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La justice pas l'aumone !!

vendredi 2 juillet 2010, par Ingalañ

Signé en 1995 et entré en vigueur en 2000, l’instauration d’une zone de libre-échange euro-méditéranéenne comportait l’Accord d’Association entre l’Union européenne et l’Etat d’Israël. Un léger différent existe aujourd’hui entre l’UE et Israël a propos de cet accord, surtout en ce qui concerne l’application des tarifs préférentiels sur les produits à l’importation. Pour l’UE, seuls les produits israéliens élaborés dans les frontières de l’Etat d’Israël (frontières de 1967) peuvent bénéficier d’une exemption de droits de douanes. Le gouvernement israélien, lui, estime que les colonies israéliennes en situées en Palestine , au-delà des frontières d’Israël de 1967, devraient en bénéficier aussi.

Imaginez que vous soyez un(e) Palestinien(ne) qui peut apercevoir au-delà du Mur de l’Apartheid des serres de tomates dans une colonie israélienne. Ces tomates seront vendues « Provenance : Israël » et bénéficieront sans doute de réductions de tarifs douaniers. En tant que Palestinien, vous bénéficiez aussi en théorie de la possibilité de vendre des produits sur le marché européen, avec des réductions douanières dédiées à la Palestine. Mais à quel prix…

Se lancer dans le commerce en Palestine est un parcours démoralisant, très cher et sans garantie de pérennité.

Tout doit passer par les autorités israëliennes

Les permis de construire, les permis d’exporter, d’importer (Israël contrôle les sorties et entrées en Palestine), l’enregistrement d’une entreprise, les autorisations et laisser-passés… La livre palestinienne n’existe plus : tout le monde utilise le shekel israélien. Comble de la domination, le plus gros marché palestinien est le marché israélien, qui achète les produits palestiniens à bas prix et revend en Palestine des produits israéliens aux prix israéliens. Notons que le PNB par habitant d’Israël est de 28 000 US$, celui de la Cisjordanie est de 2900 US$. Pas vraiment le même pouvoir d’achat…Comble du pire, Les Palestinien(ne)s sont obligé(e)s de travailler dans la construction de colonies illégales pour survivre.

Selon les Nations Unies, « l’économie de Territoires Occupés de Palestine a stagnée en 2007. Si ce n’était pour la reprise de l’aide humanitaire en 2007, le PNB aurait continué à chuter. La construction du Mur, la politique de fermeture d’Israël et l’érosion de la capacité de production continuent d’empêcher la reprise. Le chômage était de 29% en 2009. » Plus de la moitié de la population de Gaza vit en-dessous de 1,52 US$ par jour.

L’aide étrangère destructive Selon des accords conclus en 1993 par l’Organisation de Libération Palestinienne devenue Autorité palestinienne (AP), Israël et les Etats-Unis ont fait du AP le gouvernement de facto de Palestine. L’AP reçoit depuis 2004 près de 400 millions d’US$ des Etats-Unis par an pour relancer l’économie palestinienne. L’AP est tenue pour directement responsable des actes de violence commis par des palestiniens. L’aide fluctue donc selon l’humeur du gouvernement israélien, qui se réjouit des propos de Salam Fayyad. Le premier ministre de l’AP croit en effet qu’il pourra obtenir une indépendance économique pour la Cisjordanie. Même si les boîtes de nuit et les hommes en costume se multiplient à Ramallah, il suffit qu’un char israélien passe pour rappeler que l’occupation, elle, est bien concrète.

Selon Hilary Clinton, Israël joue un rôle fondamental dans une région « dominée par les maux du radicalisme, de l’extrémisme religieux, du despotisme et du terrorisme ». Cette généralisation honteuse mérite réflexion. Sans le savoir, beaucoup d’Occidentaux, surtout aux Etats-Unis, ont une image plutôt positive de l’Etat d’Israël, et plutôt négative des pays arabes avoisinants, avec en arrière-pensée (peut-être), une image flou d’une guerre entre la Palestine et Israël relayée par des médias dont une infime partie peuvent prétendre à l’indépendance, « on ne sait pas trop pourquoi ils se tapent dessus depuis aussi longtemps, après tout ils sont tous les deux chez eux.… ».

Rien ne justifie ce que les autorités israéliennes font subir à la Palestine. Nous pouvons refuser de soutenir un gouvernement voyou et le projet d’extension colonialiste sioniste en place aujourd’hui.

Nous pouvons en parler autour de nous,
regarder à deux fois les produits
que l’on achète,
ne pas prendre tout ce qu’on lit
dans les journaux
au pied de la lettre

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