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Migration, combattre les causes,

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vendredi 2 février 2018, par Ingalañ

Alors que le populisme et la xénophobie continuent d’avancer main dans la main en Europe, le ciel s’assombrie pour les migrantes et les migrants qui cherchent et chercheront à atteindre l’Europe sur des embarcations de fortune. Le vote italien du 4 mars est un pas de plus fait sur le chemin tracé depuis des années vers une Europe forteresse.

La « crise migratoire » est montée progressivement au premier plan médiatique. Un des derniers paliers a été la publication de la photo d’un enfant Syrien retrouvé noyé sur une plage de Turquie. Un temps pour l’émotion, l’indignation, un temps seulement. Celui-ci passé, l’idée du surnombre et celle de l’invasion prennent rapidement la place. Rien n’est plus facile, dans l’exercice de manipulation des masses, que de faire monter la peur, puis le rejet de l’étranger. La xénophobie augmente donc, inexorablement, plus elle progresse, plus le courage des politiques qui devraient s’y opposer se réduit. Très peu disent clairement que l’avenir est à l’ouverture des frontières, au croisement des cultures, au métissage. Qui pour parler sans détour des inéluctables mouvements de populations en mettant en avant ce qu’ils peuvent apporter de bon, voire d’indispensable ?

Les trois tables rondes des 2 mai à Rennes, 3 mai à Auray et 4 mai au Cloître St Thégonnec, ont pour objectif de mettre en lumière les raisons qui poussent des populations, particulièrement les jeunesses d’Afrique, à l’exil, et regarder en face les responsabilités d’un Occident qui crée de la misère du Sud en même temps qu’il monte son mur.

Priver de tout avenir sur les terres qui les ont vu naître, ils, elles vont, de plus en plus nombreuses, vouloir goûter un gâteau dont une bonne partie des ingrédients sont pris chez eux de génération en génération. L’exil des populations est une conséquence directe d’une guerre du Nord contre le Sud. Véritable première guerre mondiale, elle a démarrée depuis des siècles et perdure. Elle est la plus longue de toutes, a permis à l’Occident de se construire, de prendre cette avance dans le « développement ». Elle se perfectionne à chaque décennie, a remplacé le colonialisme direct par son néo bien plus efficaces et rentables, par les dettes détenues par des FMI et autre Banque Mondiale, par une Organisation Mondiale du Commerce aux services des puissants, états ou multinationales, par des Accords de Partenariats Économiques imposés sans droits de citer pour les peuples concernés. Force est de constater que ces accords de libres échanges, coup de grâce de l’Europe aux agricultures africaines, mobilisent moins les militant(e)s européen(ne)s que le TAFTA et autre CETA. Si pour ces derniers, l’Europe se place en victime, via les APE, elle sera le bourreau.

La migration actuelle et celle bien plus importante en préparation sont une conséquence directe de l’impérialisme occidental. Elles sont inéducables autant que l’Occident est déterminé à maintenir et verrouiller sa domination.

Les populations du Sud vont continuer à fuir vers le Nord. Les peuples d’Europe, s’ils ne sont pas préparés et réellement informés, s’ils entendent et écoutent des informations et des discours parlant du « risque », de la « menace » migratoire, préparant ainsi à l’acceptation de barrières qui se montent, de camps qui se construisent loin de chez eux, répondront par le rejet et la xénophobie.

Ces 3 dates de début mai seront le point de départ d’un projet que nous proposons collectif qui consistera à faire se rencontrer des personnes et organisations engagées en Europe dans l’accueil des migrant-e-s, contre l’Europe forteresse, dans des activités de solidarité internationale, avec des personnes et organisations d’Afrique engagées pour la souveraineté alimentaire et populaire, l’agriculture paysanne, pour l’accès à l’eau, contre les accaparements de terres, contre l’agrochimie. Cette rencontre aura lieu en Bretagne, première semaine de septembre 2018.

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