Ingalan

Ingalañ


Commerce équitable local et International.
Luttes et alternatives sociales et écologiques
Thomas Sankara : Nous encourageons l'aide qui nous aide à nous passer d'aide

RIR OGM de Ouagadougou

Ouagadougou, 22, 23, 24 avril 2016

jeudi 3 mars 2016, par Ingalañ

Le Collectif Citoyen pour l’Agro-Ecologie, organisation créée à Ouagadougou en mars 2015 pour lutter contre les OGM et pour la Souveraineté Alimentaire a invité l’Afrique et le Monde aux Rencontres Internationales des Résistances aux OGM qui ce sont déroulées les 22, 23 et 24 avril dans la capitale du Burkina Faso.

Télécharger le rapport des Rencontres de Ouagadougou :

 Déclaration finale des RIR OGM de Ouagadougou

22 au 24 avril 2016 à Ouagadougou, Burkina Faso

Aujourd’hui, 24 avril 2016, se terminent à Ouagadougou les premières Rencontres Internationales des Résistances aux OGM (RIR OGM), organisées à l’invitation du Collectif Citoyen pour l’Agro-Ecologie (CCAE) du Burkina Faso. Pendant trois jours, du 22 au 24 avril 2016, ces rencontres se sont déroulées sous forme d’ateliers, de conférences publiques, de sessions plénières, de travail en commission, de projections cinématographiques, d’échanges et se sont conclues par des prestations artistiques militantes.

Les résistantes et résistants aux OGM, les défenseurs de l’agro-écologie, ont dressé le bilan de la situation OGM dans le monde, ont partagé leurs expériences de lutte, ont développé des stratégies de résistances et établit des convergences avec des luttes de tous les continents contre Monsanto et les OGM.
Venus d’Afrique de l’Ouest et du Nord, d’Europe et d’Amérique du Sud, paysans, paysannes, scientifiques, citoyens libres, militants, organisations paysannes et de la société civile ont travaillé à la convergence effective des luttes africaines et internationales contre les OGM. 

Les RIR OGM est le premier événement du genre se déroulant sur le sol africain. Il intervient dans un des pays africain où la résistance à toute forme d’impérialisme est cultivée et diffuse depuis longtemps, suite à l’exemple du président martyr Thomas Sankara, qui proclamait déjà au milieu des années 80 « Produisons ce que nous consommons et consommons ce que nous produisons », pour une Afrique libre et digne.

Les RIR OGM sont aussi une réaction à un contexte brûlant avec la mise en lumière de l’échec du coton Bt de Monsanto au Burkina Faso, le recul des sociétés cotonnières et l’annonce du gouvernement de « réduire graduellement les superficies du coton BT ».
Cette annonce du conseil des ministres du 13 avril 2016 montre l’ampleur de l’échec de Monsanto. Elle représente aussi un espoir pour les organisations paysannes et de la Société Civile en lutte depuis maintenant plus de 15 ans contre les semences transgéniques. Ces organisations ne cessent de dénoncer la brevetabilité du vivant, l’organisation de la dépendance des paysans aux firmes agro-chimiques, les risques sanitaires et environnementaux que font encourir les OGM à l’ensemble des populations et du territoire burkinabé. Aujourd’hui, si l’échec de Monsanto a été mis en lumière, la lutte contre les OGM est loin d’être terminée. En effet, l’INERA a confirmé le 19 avril, en partenariat avec Monsanto, que le Sorgho, le Maïs et le Niébé sont en station de recherche pour produire des semences OGM de ces cultures, ainsi qu’un nouveau coton Bt.
La résistance, renforcée par l’échec du coton Bt, doit maintenant utiliser toutes ses forces pour lutter contre les arrangements politiques et l’impérialisme des multinationales, afin de chasser définitivement Monsanto des terres Burkinabè et promouvoir l’agroécologie comme modèle agricole.

La stratégie de Monsanto est d’utiliser le Burkina Faso comme porte d’entrée des OGM en Afrique de l’Ouest. A travers le Burkina, toute l’Afrique est attaquée. Les résistances au Burkina Faso et dans les pays de la sous-région ont permis de ralentir ses plans. Nous sommes convaincus, qu’ensemble, et seulement ensemble, nous pourrons faire barrage aux firmes agro-chimiques. Il y a urgence. La situation OGM du continent africain est réellement préoccupante, et face à l’échec burkinabé, Monsanto accélère la mise en œuvre de ses plans.

Les situations nigériane et ivoirienne sont particulièrement préoccupantes. La firme fait pression pour l’entrée de ces semences transgéniques et, notamment, du coton Bt alors même que son échec au Burkina Faso est relayé par les médias à l’échelle internationale. Ces deux situations doivent faire l’objet de toute la solidarité des résistants africains. A cet effet, l’assemblée des RIR OGM a tenu, à travers une motion de soutien, à exprimer tout sa solidarité et son appui à la résistance ivoirienne, et a interpellé les parlementaires ivoiriens, les exhortant à rejeter la destruction de leur paysannerie et la mise sous tutelle de leur destin agricole au profit de Monsanto. Les participants aux RIR OGM ont également exprimé leur volonté d’être signataire de la pétition contre les OGM au Nigeria. Si à ce jour, officiellement, 3 pays d’Afrique, le Burkina Faso, le Soudan et l’Afrique du Sud, pratiquent des cultures OGM, des tests sont en cours dans 7 pays et 16 autres n’ont pas de cadre réglementaire sur le sujet. Une convergence des résistances africaines est donc plus que jamais urgente et nécessaire.

A l’échelle internationale, les RIR OGM ont été l’occasion d’un état des lieux des effets des OGM constatés, vécus et analysés sur tous les continents, ainsi que du partage d’expériences de lutte et des appels militants des résistants du monde entier. L’imposition des OGM, polarisent partout des résistances, de plus en plus en fortes et nombreuses. Force est de constater que la complicité des autorités politiques, des marchés financiers et autres puissance multinationales, doublées des injonctions néolibérales et donc pro-OGM des institutions sous-régionales, continentales et internationales, continuent de protéger et de soutenir Monsanto et autres firmes de la transgénèse et de l’agrochimie, au mépris de la souveraineté et des droits fondamentaux des peuples.

Face au pouvoir de ceux qui exploitent et pillent, corrupteurs et corrompus, la résistance s’organise et s’intensifie ici et ailleurs. Elle prend forme et se synchronise partout. Les RIR OGM ont encore démontré la nécessité de développer des liens entre tous les résistants, pour que le combat mené contre les firmes et leurs alliés objectifs soit mené par une coalition mondiale, capable de résister.

Dans cette convergence des luttes réside l’avenir de nos victoires réelles sur les firmes agrochimiques et leurs sbires.

Ainsi, l’assemblée des RIR OGM de Ouagadougou a exprimé son adhésion totale à la dynamique de convergence internationale et notamment aux prochaines grandes manifestations contre Monsanto ; les marches mondiales contre Monsanto du 21 mai 2016 et le Tribunal International Monsanto du 14 au 16 octobre 2016. Le 21 mai sera l’occasion pour les résistants du monde entier d’exprimer avec force leur rejet des OGM et de la politique assassine du leader des semences OGM. Ces marches permettent chaque année aux peuples du monde entier de faire pression sur les pouvoirs publics et de faire entendre leur désir libre et salvateur d’un monde sans OGM. Le Burkina Faso, hôte des RIR OGM, a pris l’engagement de marquer de son empreinte cette convergence des luttes en organisant une mobilisation sans précédent dans la zone cotonnière de Houndé et en organisant une grande sensibilisation, accompagnée d’une forte interpellation de l’INERA, du ministère de l’Agriculture, du premier ministre et du président de l’Assemblée Nationale, à Ouagadougou, capitale politique. L’assemblée des RIR OGM témoigne de toute sa solidarité avec les organisations et les peuples qui marcheront en ce 21 mai, et notamment sur le continent africain, au Ghana, au Kenya, en Namibie, en Mauritanie et en Afrique du Sud.

L’assemblée des RIR OGM a également pris l’engagement solennel de mettre tout en œuvre pour un soutien actif au Tribunal International Monsanto d’octobre 2016 à la Haye (Pays-Bas) et exprimé le souhait de tenir de nouvelles Rencontres Internationales des Résistances à cette occasion.

Conscients de la nécessité de sensibiliser les populations et les producteurs à un modèle agricole alternatif contre les biotechnologies, un message d’espoir devant les catastrophes vécues et annoncées des OGM sous toutes leurs formes, à travers le monde et notamment en Afrique, l’assemblée des RIR OGM déclare que l’agroécologie est le seul modèle agricole capable de nourrir durablement et sainement les populations, et s’engage à faire sa promotion partout où il le sera possible.

Face à la volonté de Monsanto de dominer l’ensemble de l’alimentation africaine, de soumettre les paysans africains, de compromettre l’indépendance, la santé et les écosystème du continent, les RIR OGM ont permis de poser les bases du Front Africain pour la Souveraineté Alimentaire (FASA). Ce front a vocation à rassembler toutes les organisations et citoyens africains en résistance active contre l’imposition des OGM et en mouvement pour la promotion de l’agroécologie, étant conscient qu’une critique radicale doit s’accompagner d’une proposition alternative concrète. Ce front portera en priorité la revendication commune de l’adoption d’un moratoire de 10 ans dans tous les états africains. Cette revendication sera portée dans chaque pays à qui de droit, et auprès des institutions sous régionales avec l’appui de toutes les organisations africaines en luttes.

Les organisateurs remercient en ce sens les délégués de tout le Burkina Faso, du Bénin, du Togo, de Côte d’Ivoire, de la Guinée Conakry, du Niger, du Mali, d’Algérie, de France, de Bretagne et d’Argentine, accompagnés des messages de soutiens et témoignages venus de France, d’Inde, de Kanaky, d’Australie, de Nouvelle Zélande, du Nigeria, d’Afrique du Sud et du Ghana, les paysans, organisations paysannes, scientifiques, parlementaire, citoyens libres, journalistes indépendants, militants et résistants engagés, organisations de la société civile et collectifs en luttes des cinq continents qui par leur grande implication aux RIR OGM, ont renforcé concrètement la convergence des luttes.

Par la mise en commun des témoignages, des expériences et des analyses, il a été fait la démonstration que les OGM sont un outil de soumission des paysans aux firmes agrochimiques, qu’ils sont imposés aux citoyens sans leur consentement, qu’ils représentent une menace sanitaire pour l’ensemble des populations, leurs impacts sur l’écosystème est extrêmement préoccupant parce qu’incontrôlable et irréversible, enfin qu’ils mutilent les principes fondamentaux de l’éthique humaine en brevetant et en faisant du vivant une propriété lucrative.

• Convaincus que la convergence des luttes est nécessaire et urgente, pour bannir les OGM de l’alimentation et de la production agricole humaine, pour bannir les produits associés à ces cultures comme le Roundup à base de Glyphosate, qui attente à la vie des populations et de l’écosystème ;

• Convaincus que l’opposition frontale aux OGM doit s’accompagner d’une promotion forte de l’agroécologie, comme alternative viable et durable ;

• Convaincus que les marches mondiales contre Monsanto et le Tribunal International Monsanto renforceront l’élan de convergences des luttes locales, régionales et internationales ;

• Convaincus que la communauté humaine dans son ensemble est menacée, que de ce fait, paysans, scientifiques, citoyens libres, organisations paysannes et de la société civile doivent unir leurs forces pour faire reculer les firmes agrochimiques et œuvrer pour leur souveraineté alimentaire ;

• Convaincus que l’agroécologie et l’agriculture paysanne sont les solutions d’avenir pour nourrir l’ensemble de la planète, de manière viable et durable, dans le respect des peuples et de l’environnement ;
Les paysans, paysannes, résistantes et résistants aux OGM, les délégués, scientifiques, militants et citoyens libres réunis à Ouagadougou expriment une fois de plus leur solidarité avec toutes les résistances aux OGM à travers le monde et renouvellent leur désir profond de les voir converger concrètement et durablement ;
Renouvellent leurs engagements à construire un monde libérée de la brevetabilité et de la privatisation du vivant, à défendre la préservation et la diffusion des semences paysannes, reproduites et conservées depuis des millénaires ;

Expriment leur adhésion et leur soutien inconditionnel au Tribunal International Monsanto qui permettra de mettre en lumière les violations de la firme ;
Expriment leurs solidarités aux marches mondiales contre Monsanto qui seront les lieux privilégiés de l’expression populaire fertile face aux promesses stériles des assassins du vivant.

Pour une convergence des luttes ici et ailleurs œuvrant à la construction d’un monde sans OGM,

Pour une planète libérée des OGM et contre toute forme de brevetabilité du vivant,

Pour l’édification d’une souveraineté alimentaire concrète suivant les principes de l’agroécologie,

Pour l’indépendance, la santé et la dignité des peuples.

Ouagadougou, Burkina Faso, le 24 avril 2016.
Les résistants et résistantes O

 Les messages de soutiens

Message de Vandana Shiva

Message de José Bové

Message de Kanaky

Accueil > Luttes et Actions > RIR OGM de Ouagadougou
SPIP | squelette | | Mentions légales | Crédits | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0